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Ailleurs à Paris: Patou, Prune Goldschmidt, The Attire, Clara Daguin et Octavio Pizzaro


Paris connaît une saison de présentations avec distanciation sociale. Beaucoup d’événements ne sont donc accessibles que sur rendez-vous. Les créateurs présentent leurs idées aux rédacteurs de mode et aux acheteurs, en personne, un contraste impressionnant avec la cohue et le tohu-bohu des dizaines de défilés et de lancement qui se succèdent habituellement 24 heures sur 24.

 

Cela produit un effet curieusement désuet, mais aussi libérateur. Cette saison est presque entièrement réservée aux professionnels, et pour une fois, par bonheur, elle est débarrassée des hordes d’aspirants influenceurs. Et c’est justement la solitude induite par la pandémie qui a poussé beaucoup de créateurs à revenir sur leur jeunesse, et sur les idées qui leur ont donné envie de se lancer dans la mode, au tout départ. FashionNetwork a assisté à une flopée de présentations, pour prendre le pouls de la mode cette saison.
 
Patou

Peu de gens ont davantage remonté le temps que Guillaume Henry pour la maison Patou, qui a montré beaucoup de volumes ludiques et de sophistication décontractée dans une collection innovante au nom de la maison historique.

L’événement avait lieu au sein des petits bureaux historiques de Patou, sur l’Ile de la Cité, juste à côté de l’adresse où le commissaire Jules Maigret résolvait ses énigmes les plus complexes. Guillaume Henry a même créé une “salle de projection” privée où l’on pouvait décoder une vidéo façon look-book décalé présentant ses looks printemps-été 2021.

“J’ai commencé à rêver de mode quand j’étais un petit garçon qui grandissait à la campagne. Et pendant le confinement, je me suis rappelé l’enfant que j’étais alors, et mon amour du volume, de la fantaisie, et aussi une certaine idée de la couture. Je ne suis pas un créateur conceptuel, je suis revenu sur mon enfance”, expliquait Guillaume Henry, en montrant ce clip d’une durée de trois minutes.

Ce dernier s’inspirait des reportages de la télé française des années 1990, ceux qui passaient tard le soir et que ses parents enregistraient pour lui. D’où l’aspect un peu granuleux de la vidéo, comme une vieille cassette VHS. Le résultat était une collection modulaire dotée de beaucoup de volume : des jupes, robes et corsages bouffants froncés, ruchés et volantés, avec de larges cols détachables de style jacobéen. Le tout complété par ses mules carrées hyper cool surmontées de brides façon babies, très fun, comme aiment dire les Français. Pas de coutures soudées ou thermocollées, mais une interprétation ludique de la féminité française d’aujourd’hui.

Prune Goldschmidt – SS 2021

 
Prune Goldschmidt

Prune Golschmidt a un rêve, celui de recréer la magie de sa jeunesse : une petite fille qui s’habille avec sa grand-mère, avant de trouver l’amour et la passion en mûrissant. Ses vêtements reflètent ce mélange d’innocence et de coquinerie. Avec cet imprimé Kamasutra vu sur des robes smockées ou ces mini robes du soir coquines et pourtant chic composées de chemises en coton rayé d’allure masculine.

“Oui, il y a un petit twist”, sourit Prune Goldschmidt, qui a travaillé chez Sonia et Nathalie Rykiel dans sa jeunesse, avant de faire une pause pour fonder une famille – elle a désormais cinq enfants – et de revenir avec sa propre marque pour cette collection inaugurale. Une super vidéo de la collection, tournée dans un château familial, avait pour titre : “Les Caprices”.

Prune aime les cols affirmés, comme sur ces trenchs et robes chemises en crêpe, très classes, ou cet ensemble charmant en denim composé d’une veste d’équitation croisée et d’une culotte bouffante. Le tout avec des finitions illustrant le génie français, des boutons en tissu aux matières de haute qualité. Ce qui est compréhensible, puisque Prune Goldschmidt a grandi dans le berceau du textile qu’est le nord de la France.

Prune Goldschmidt présente sa première collection ainsi qu’une série de pièces emblématiques de bijouterie fantaisie jusqu’au 5 octobre, au 5 rue du Chevalier de Saint-George, dans le VIIIè arrondissement parisien.
 

The Attire – SS 2021

Attire The Studio

De nombreux influenceurs ont développé leurs propres collections – qu’il s’agisse de mini capsules ou de partenariats avec H&M – mais peu y ont mis autant de leur cœur et de leur âme que la star allemande des réseaux sociaux, Xenia Adonts.

Intitulée Attire The Studio, il s’agit là d’une tentative en bonne et due forme de créer une marque de mode vraiment durable, en mettant l’accent sur la transparence. Quand on scanne les codes-barres, Attire The Studio vous indique non seulement le prix du tissu, mais aussi celui du matériel, de la main d’œuvre et des transports. Ce qui permet aux clients de comparer eux-mêmes les prix de la griffe avec ceux des boutiques traditionnelles. Difficile de faire plus “direct consommateur” que ça. On vous indique même l’usine de production des matériaux, l’origine des fibres et le lieu de fabrication.

De plus, Attire utilise deux sources principales de tissu – des cotons bio filés, tissés et teints en Italie, et qui respectent le label Global Organic Textile Standard (GOTS), en limitant les traitements toxiques et les produits chimiques. “Nous voulions créer une collection réellement durable, mais aussi abordable”, explique Xenia, qui présente sa collection dans son propre appartement, au coeur du nouveau fief hipster parisien qui s’est développé autour de la Bourse.

Les vêtements sont globalement des classiques twistés, depuis les chemises masculines à manches rallongées jusqu’aux tailleurs pantalons à revers, très cool, en passant par les tricots torsadés à manches gigot – le tout imaginé par la directrice de création Carmela Osorio Lugo.

Certains rédacteurs de mode ont encore tendance à considérer les influenceurs avec un certain mépris, soit disant parce qu’ils manqueraient de véritables connaissances en matière de mode, mais le plus souvent par jalousie devant leur nombre de fans. Xenia, qui affiche 1,5 millions de followers sur Instagram, a eu le cran de tenter quelque chose de véritablement nouveau dans la mode. Cela mérite notre respect.

Clara Daguin

La dernière créatrice française maligne a nous arriver de Los Angeles est Clara Daguin, qui offre une présentation cérébrale à la Joyce Gallery, au Palais Royal. Clara Daguin ne montre qu’un unique style de veste, mais dans de multiples matériaux. Son blouson d’aviateur curviligne parvient à être futuriste et cependant contemporain. Et il se décline en velours souple ou en coton peigné, avec des galons imbriqués illuminés de LED.

Mais le clou du spectacle est sa version transparente de savant fou / poète intergalactique, parachevée par des chaines dorées intégrées et des LED scintillantes. Quelque part à mi-chemin entre ses pénates californiennes de Cupertino et une Haute Couture divinement déjantée, ce mini-défilé signale Clara Daguin comme un nom qu’il faudra absolument suivre.

Octavio Pizzaro

Choix de lieu impeccable pour le créateur chilien installé à Paris, Octavio Pizarro, qui a présenté sa collection dans la splendide demeure du VIIème arrondissement qui abrite l’ambassade du Chili, et fut autrefois la maison du plus grand des poètes, Pablo Neruda. Et il y avait quelque chose de poétique dans la collection de Pizarro, dont l’inspiration lui est venue en observant sa mère donner chaque jour une forme nouvelle à des chemises ou des jerseys, pendant le confinement à Santiago.

Des manches forme cloche, raglan, chauve-souris, gigot ou bouffantes pour de superbes chemises, associées à des tricots torsadés et des blousons de motard. On imagine que la Signora Pizarro adorera ces idées. Difficile de pousser plus loin que ça dans le retour aux sources.
 
 
 
 

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