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Amiri dévoile son Automne-Hiver 2021 sur le pont le plus emblématique de L.A.


Traduit par

Paul Kaplan

Publié le



16 avr. 2021

Visiblement, la pandémie n’a pas fauché Mike Amiri dans son élan. Le designer a dévoilé mercredi sa dernière collection par le biais d’une vidéo tournée sur l’un des ponts les plus cinématographiques de la planète.

 

Le designer, basé à Los Angeles, a présenté sa collection Automne-Hiver 2021 sur Internet, à 18 heures CET — à 9 heures en Californie —, invitant ses amis et sa famille dans un drive-in loué pour l’occasion. “Nous serons une centaine ; c’est l’occasion de déguster du pop-corn et des bières et de découvrir la collection sans renoncer au confort de sa propre voiture”, expliquait Mike Amiri au cours d’un entretien Zoom mené juste avant la présentation.
 
Son fashion film met en scène un casting ébouriffé et inclusif arpentant le Fourth Street Viaduct qui enjambe le fleuve Los Angeles, et que les cinéphiles reconnaîtront dans des films comme Grease, Eraserhead et Die Hard 4. Tous arborent le style à mi-chemin entre artiste, star de rock et gentleman qui a permis à Amiri de gagner une influence importante auprès des hipsters du monde entier. 

Des trenchs en cuir nubuck avec des cols en peau lainée, des manteaux de dandy en tartan avec revers contrastés, des mailles pleines d’audace — des motifs Argyles à empiècements, des cols ronds ornés de pièces de jeu d’échecs et des jacquards cartes à jouer.

Mike Amiri raffole des pantalons longs, fendus sur le côté, pour mieux engloutir les pieds, et maintenus par des ceintures à boucle Amiri. Quant à la silhouette, elle reflète la tendance contemporaine pour les vestes courtes et les pantalons longs.

Attiré par le vent contemporain qui souffle sur Amiri et par sa légion croissante d’admirateurs, le magnat italien de la mode Renzo Rosso a acquis une participation minoritaire au capital de la marque, contribuant à financer son premier flagship sur Rodeo Drive. Mike Amiri a répondu à nos questions depuis sa maison de Mulholland Drive, nous permettant d’en savoir un peu plus sur l’avenir de sa marque et sur les avantages apportés par le soutien de Renzo Rosso. 

 
FashionNetwork.com : Quel a été le point de départ de cette dernière collection ?

Mike Amiri : Paradoxalement, le fait de passer beaucoup de temps à L.A. et de ne pas vraiment voyager m’a beaucoup inspiré. Je suis resté en ville, dans l’Arts District, renouant avec le moi d’il y a 15 ans, quand j’ai commencé à créer des tenues de scène pour des artistes et à collaborer avec des stylistes. Je faisais tout le plus vite possible, je concrétisais les idées sans perdre une minute.
 
FNW : Pourquoi ce décor ?

MA : C’est un endroit emblématique si vous venez de Los Angeles. Et puis j’aime ces morceaux de la ville qui n’appartiennent pas à l’idée stéréotypée qu’on se fait souvent de L.A., comme les palmiers et les manoirs.
 
FNW : Où fabriquez-vous vos collections ?

MA : En ce moment, 70% de notre production se fait encore à Los Angeles, et la plupart du reste en Italie. C’est vraiment important pour moi que la majorité des collections soient confectionnées à L.A., que nos produits soient fabriqués près de chez nous.

Amiri Automne-Hiver 2021 – Photo : Amiri – Foto: Amiri

 
FNW : Y a-t-il des artistes et des musiciens dont vous admirez particulièrement le travail ?

MA : J’essaie de me rappeler mes héros tels que je les voyais à l’adolescence. Souvent des musiciens qui avaient leur studio dans mon quartier. À travers eux, j’ai découvert la vie nocturne de Los Angeles, ses ténèbres et son romantisme. Pour moi, c’est un lieu spécial, qui a vu naître de nombreux artistes renommés au niveau mondial — j’ai récemment rencontré Wes Lang [un artiste post-moderne, ndlr] et j’ai pu visiter son studio. Tout cela résonne vraiment en moi.

FNW : Amiri est-elle une marque durable ?

MA : Pour moi, le développement durable, c’est un état d’esprit mais aussi une manière de gérer son entreprise dans son ensemble. Nous aimons opérer à une échelle locale, et utiliser nos rouleaux de tissus jusqu’au dernier mètre. Nous soutenons la communauté en maintenant la production sur place, et nous employons des familles d’artisans.
 
FNW : Comment définiriez-vous l’ADN d’Amiri ?

MA : Amiri, c’est le mélange d’un certain esprit DIY artisanal et d’un savoir-faire hérité du luxe.
 
FNW : Comment s’est forgé votre partenariat avec Renzo Rosso ? 

MA : J’ai établi une excellente relation avec Renzo depuis l’une de ses visites à mon atelier. Nous avons échangé sur l’artisanat, notre mode de pensée et la création. Ce qui m’a beaucoup surpris à l’époque, c’est qu’il avait réussi à conserver un tel enthousiasme… Il est devenu mon mentor, et ce partenariat m’a semblé naturel, quand l’occasion s’est présentée il y a un an et demi. Depuis, nous continuons à écrire notre histoire de manière totalement indépendante. Évidemment, Renzo nous offre une grande caisse de résonance. Sa part au capital est minime — mais elle lui donne une place dans nos discussions de fond. J’avais besoin d’une personne comme ça. 
 
FNW : Avez-vous bénéficié du réseau de fournisseurs d’OTB ?

MA : À vrai dire non, car nous disposions déjà d’un système de production harmonieux. Mais le fait d’avoir Renzo pour mentor m’a aidé à voir plus grand. Nous avons beaucoup à apprendre d’OTB, d’autant que nous continuons à ouvrir des points de vente. Notre premier magasin à Los Angeles a connu des premiers mois remarquables, à un moment pourtant délicat dans le monde. Mais nous sommes vraiment satisfaits de la façon dont il a progressé. Il n’y a pas beaucoup de marques basées à Los Angeles sur cette partie de Rodeo Drive.

Amiri Automne-Hiver 2021 – Photo : Amiri – Foto: Amiri

 
FNW : Quels sont les créateurs que vous admirez le plus ?

MA : Je reviens toujours aux designers qui ont repoussé les frontières de la mode. Je n’ai jamais cessé d’admirer le travail de Rick Owens. Il était basé à Los Angeles à un moment de sa carrière. Il s’est fait un nom dans le monde entier, mais il fréquentait encore le café du coin.
 
FNW : Et lesquels portez-vous ?

MA : Si je ne m’habille pas en Amiri, je privilégie les petites marques artisanales, qui n’ont qu’un seul magasin.

FNW : Quelles sont les idées et les cultures qui vous inspirent ?

MA : J’ai un esprit très pratique et manuel — peut-être trop d’ailleurs, je finis par me salir les mains. Je passe d’une réunion avec notre directeur financier à un casting, en passant par la teinture du cachemire dans la pièce d’à côté. Pour notre défilé, nous avons fait appel principalement à des mannequins professionnels, et le casting avait lieu à deux pas de mon tout premier atelier, de la taille d’un placard !

FNW : Où en sera Amiri dans cinq ans ?

MA : Nous comptons bien poursuivre notre chemin et aller de l’avant avec la même intégrité et le même état d’esprit, sans lesquels la croissance n’a pas d’importance.

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