natperfume.com
Infos Mode

Dior : “Black Diaspora” ou le regard du peintre Amoako Boafo


Dior a présenté sa collection Homme Printemps-Été 2021 par le biais d’un portrait d’artiste, celui du peintre d’origine ghanéenne Amoako Boafo, célèbre pour sa série “Black Diaspora”.

 

Le clip de Dior s’ouvre en Afrique, sur une plage sauvage au bord de l’Océan Atlantique. Au plan suivant, on se retrouve dans l’atelier du peintre, également illustrateur, dont la technique autodidacte, la peinture dynamique capturent quelque chose d’une fierté universelle qui se lit sur les visages sereins de ses sujets. La dernière collection de Dior Homme est le fruit d’une collaboration entre Amoako Boafo et Kim Jones.

Amoako Boafo aime peindre ses amis, sa famille et ceux qu’il admire ; dans la vidéo, ses modèles posent devant leur propre portrait, habillés en Dior. Certains d’entre eux se réunissent ensuite dans son studio d’Accra, dont ce jeune homme fringant, perles dans les dreadlocks et sweat à capuche gris éclaboussé de peinture sur le dos. La vidéo a été dévoilée en ligne lundi, le dernier jour de la première édition exclusivement numérique de la Paris Fashion Week masculine.

“J’adore la mode, je m’en inspire pour mon travail. Je suis très attiré par les gens qui ont le sens du style”, explique tranquillement Amoako Boafo, en désignant un modèle nommé Hudson, portraituré dans un costume bleu poudre.  

Dior Men – Summer 2021 – Photo: Dior

La série la plus célèbre du peintre, Black Diaspora, est une célébration de sa communauté et des identités noires. Amoako Boafo peint à la main, ou plutôt au doigt, en badigeonnant de peinture à l’huile ses grandes toiles, muni de gants en latex. Ses modèles posent souvent devant des fonds jaune vif ou turquoise.

“C’est intéressant de collaborer avec une maison de mode : chez Dior, ils ont été en mesure de transposer ma technique de peinture au doigt sur des vêtements”, s’émerveille le peintre de 36 ans, qui a fait la connaissance de Kim Jones au Rubell Museum de Miami, devant lequel Dior avait organisé son dernier défilé Croisière.

Le point de départ de cet échange ? Une robe verte dessinée par Monsieur Dior, dont Kim Jones a retrouvé la teinte dans un tableau d’Amoako Boafo appelé Green Beret lors d’une visite au Ghana — à partir de là, le travail du peintre a commencé à infuser les textures, les surfaces et les couleurs de cette collection Printemps-Été 2021.

“J’aime beaucoup son travail. Vraiment beaucoup. Je voulais collaborer depuis longtemps avec un artiste africain parce que j’ai grandi en Afrique. Et l’art africain a toujours beaucoup compté pour moi”, explique Kim Jones, l’un des rares créateurs à sembler en phase cette saison avec le mouvement international Black Lives Matter, un moment révolutionnaire dans la politique et la société — et pas assez présent dans les collections de mode.

Dior Men – Summer 2021 – Photo: Dior

La collection devait initialement défiler sur podium, mais la pandémie a obligé à adopter une approche différente pour cette collaboration, en se concentrant sur la vie et le travail du peintre, “et en créant quelque chose qui correspond vraiment à l’esprit Dior. Le portrait d’un artiste que j’admire beaucoup”, explique Kim Jones, perché sur un tabouret de bar dans un studio d’enregistrement à Londres.

D’ailleurs, toute la collection s’inspire des portraits de Amoako Boafo. Une attitude colorée et distinguée, capturée dans un montage rythmé qui souligne la part importante du sportswear injectée par Kim Jones chez Dior. Tout en expérimentant également dans le domaine du tailleur, à l’image de cette veste blanche rayée, dont les manches se transforment en revers de col, ou cette saharienne en taffetas qui se transforme en parka ample, ou encore cette teinte bleutée tirée d’un tableau du peintre et reproduite sur un short muni de poches plaquées sur le devant. Sans oublier les bijoux de Yoon Ahn, qui n’ont jamais été aussi beaux.

Le clip s’articule en deux actes distinct. Le premier a été monté et sonorisé par le vidéo-plasticien Chris Cunningham, le second par la photographe Jackie Nickerson. Une série de portraits vidéo des mannequins — tous noirs —, où l’on reconnaît facilement l’influence d’Amoako Boafo : quelques mannequins vêtus d’énormes pulls à col roulé posent à côté de portraits du peintre.

Une présentation sophistiquée, mais aussi naturelle et raffinée, majestueuse, rigoureuse. Un véritable énoncé de mode, pertinent et riche d’enseignements.

Tous droits de reproduction et de représentation réservés.
© 2020 FashionNetwork.com



Source link

Autres articles

Isabel Marant ouvre à Marseille en partenariat avec Lulli

info mode

Dior Homme : “Black Diaspora” ou le regard du peintre Amoako Boafo

info mode

Les jeunes labels multiplient les initiatives ludiques et créatives

info mode