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Fashion Week numérique de Londres : des nouvelles collections, enfin



On craignait que le format numérique de la Fashion Week londonienne n’empêche l’émergence d’une mode véritablement nouvelle : c’était sans compter sur les propositions de Tiscar Espadas, Xander Zhou et Ka Wa Key.

La vidéo de Xu Zhi baptisée “Prelude” – London Fashion Week

 
En effet, au cours de cette saison inédite, dépourvue de véritables défilés, la plupart des événements inscrits au calendrier officiel étaient en fait des vidéos préenregistrées, diffusées sur la “plateforme unisexe” du British Fashion Council. Samedi, la vidéo la plus marquante était sans conteste celle de Tiscar Espadas, Capitulo II, first act. La vision unique du créateur, le tailleur traditionnel infusé d’influences sportswear, transpirait de style. De merveilleux pantalons d’ouvriers, volumineux mais serrés aux chevilles, de fabuleuses parkas à col cheminée, des pantalons de matador à taille haute, munis de poches latérales, et des chemises dignes de Vélasquez, avec de longues manches — le tout sur une bande sonore composée d’airs classiques de guitare acoustique et de flamenco. Diplômé du Royal College of Art, ce créateur d’origine espagnole a reçu une bourse de la part de la maison Burberry : nul doute qu’il fera parler de lui ces prochaines années. S’il ne s’agit que de sa première collection, Tiscar Espadas semble doué de grandes compétences techniques et d’un grand talent pour la construction. À suivre.

Ce weekend — sur trois jours, de vendredi à dimanche —, Londres est l’épicentre de la mode mondiale à l’ère du Covid-19. Ses talents émergents sont particulièrement surveillés par les grandes maisons internationales, à la recherche de manières inventives de présenter leurs propres collections à Milan et à Paris au mois de juillet.

L’un des courts-métrages les plus astucieux, et de loin, est celui de Xander Zhou, qui a présenté son Printemps-Été 2021 dans une vidéo futuriste, sur des mannequins d’allure robotique, dans un décor aérospatial, avec une bande-son qui rappelle Kraftwerk. Des textes qui donnent des détails sur la composition des tissus, les couleurs et la construction des pièces, prononcés d’un ton d’automate en anglais et en chinois, dans une ambiance teintée d’humour pince-sans-rire. Des shorts au rembourrage de super-héros — mais très ergonomiques —, des hauts aux couleurs éclatantes et des blousons à motifs pixélisés, la collection toute entière déclinait la vision puissante du créateur.
 
Xu Zhi, la marque du designer Xuzhi Chen, finaliste du Prix LVMH, a dévoilé une superbe vidéo tournée dans un passage souterrain délabré, dans une rue et plusieurs ascenseurs modernes et élégants. Quant à la collection elle-même, elle n’était pas inédite. 

Inspiré par Le Petit Prince, Ka Wa Key a réuni des pièces d’archives et des pièces en maille aux couleurs électriques pour présenter sa vision personnelle d’une mode festive. En utilisant un écran vert et des ressources manifestement limitées, le créateur a passé son confinement à créer un mélange farfelu où se rencontrent cartons de films muets, images colorées inspirées des débuts de MTV et yétis en tricot.

Robyn Lynch et Daniel Fletcher ont également dévoilé des collections inédites, remplies de nouvelles idées.

La capsule collection de Robyn Lynch avec un film documentaire présentant la conception de la ligne

 
Robyn Lynch a présenté une collection capsule forte, accrocheuse et dynamique. Cette capsule exceptionnelle, soutenue par la marque de sportswear Rapha, était accompagnée d’un film “fait maison” qui documentait le développement de la collection. La créatrice a également dévoilé un lookbook vidéo, réalisé en collaboration avec l’artiste Joe Cruz et le styliste Ben Schofield. Au total, sept looks inspirés par l’athlétisme anglo-saxon, avec des coupes audacieuses, des confrontations de matières intrigantes — pull d’Aran à torsades, nylon orange vif et laine —, pour couper de très élégants shorts de cycliste, des maillots de course ou des tops de dandy, avec finitions thermo-soudées. Un de ces moments de mode qui font la renommée de Londres, quand énergie et imagination compensent très amplement le manque de moyens.   

“Quand le monde a commencé à se barricader, je me suis mise à filmer et à documenter mes journées, tout en me plongeant dans le passé. Je me suis lancée un défi : voir ce dont j’étais capable avec les tissus que j’avais sous la main, accumulés au cours des saisons précédentes, le tout dans l’espace confiné de mon atelier-appartement”, explique Robyn Lynch. Sur sa vidéo, on voit son équipe en train de fureter dans un espace de travail exigu, jonché d’échantillons et de croquis. La créatrice a intercalé des images en noir et blanc du Tour de France, et d’enfants s’essayant au vélo dans les rues de Dublin. 

Marques’Almeida a même présenté une toute nouvelle ligne : reM’Ade by Marques’Almeida. Celle-ci a vu le jour quand le duo de créateurs a découvert une importante quantité d’invendus et de tissus inutilisés dans une usine au Portugal. Après avoir rapatrié le tout dans leur studio londonien, juste avant l’arrivée de la pandémie, ils ont pu créer cette nouvelle collection : des modèles innovants dans le plus pur style M’A, fabriqués exclusivement à partir de stocks invendus et de matériaux recyclés.

Tournée principalement en portugais sous-titré, la vidéo proprement dite commence et s’achève par des images du fils des deux designers, qui joue sur une plage rocheuse. Le documentaire a été créé par Agency for the Reality of Things. La collection capture ce qui distingue le duo créatif : l’originalité sans concession des coupes, les combinaisons de tissus inattendues — le denim toujours à l’honneur — et leur talent pour associer streetstyle et références historiques. 

Le film de Marques’Almeida qui dévoile l’approche dernières la nouvelle marque ReM’Ade by Marques’Almeida – London Fashion Week

 
L’université de Westminster a également dévoilé sa fournée 2020 de diplômés en mode masculine, par le biais d’une vidéo artistique et brute, dont on a particulièrement retenu les propositions de Sankim, Catherine Hudson, The Rune, Haylee Wong et Halina Edwards.  

On a aussi beaucoup parlé, pendant cette saison d’un nouveau genre — notamment Hussein Chalayan, qui a déclaré “je veux en faire moins, mais le faire plus en profondeur”. Et des débats ont eu lieu sur Instagram, notamment entre le créateur Daniel Fletcher et Naomi Alexandra Pike, rédactrice en chef de Miss Vogue : une discussion qui a intéressé plus de 16000 personnes sur Instagram. Daniel Fletcher a d’ailleurs dévoilé une collection Automne-Hiver 2020 qui joue avec les codes des grands classiques du vestiaire masculin — des chemises de jockey blanches brodés de multiples mini-médaillons équestres en métal, des parkas à brandebourgs et passepoils, de superbes vestes en denim avec des finitions peintes. Des vêtements pertinents, unisexes, à la fois ludiques et très flatteurs.

Malgré ces belles découvertes, on regrette qu’un grand nombre des vidéos diffusées sur la plateforme présentent des collections passées, même si certaines propositions ne manquaient pas de charme. À l’image de cette vidéo dévoilée samedi matin, où des employés de Farfetch China interrogeaient de jeunes talents britanniques, parmi lesquels Erdem, Charles Jeffrey et Roksanda, principalement au sujet des collections qu’ils ont présentées en février dernier. Sauf pour Charles Jeffrey, qui avait des nouvelles fraîches sur les boîtes de nuit les plus branchées de la capitale. Pour information, son club préféré du moment, c’est l’Inferno, à l’Institute of Contemporary Arts.

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