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Givenchy: Holly Gollightly en version inclusive pour les débuts de Matthew M. Williams


D’ordinaire, travailler le denim ne semble pas la voie la plus indiquée pour devenir le créateur de l’une des plus grandes maisons de couture françaises, mais c’est pourtant le chemin qu’a suivi Matthew M. Williams, un américain à Paris, qui faisait ses débuts chez Givenchy ce dimanche.
 

Givenchy – Printemps-été 2021 – Prêt-à-porter féminin – Paris – Photo: Heji Shin

Il s’avère que cela le préparait parfaitement à son nouveau poste, puisque le créateur a dévoilé une collection d’une élégance perverse, composée de matériaux inattendus avec tout ce qu’il faut de glamour classieux, et ces touches de style urbain chic caractéristique de l’esprit Hubert de Givenchy.

D’où la présence de jeans en denim rose “triple-baked” ou encore teinte pastèque craquelée, recouverts de résines lavables à la machine. Le tout associé à des coupes racées et pointues. “J’avais envie de faire des vêtements qui me plaisent vraiment, en respectant les codes de la maison tout en faisant quelque chose de moderne, d’excitant et d’inclusif”, a déclaré Matthew M. Williams, qui travaille dans la maison depuis 90 jours.

Né à Chicago, mais élevé en Californie, Williams est le sixième à succéder à Mr de Givenchy, depuis la retraite d’Hubert en 1995. Il a attiré l’attention à Paris il y a trois ans, avec une collection urbaine et futuriste audacieuse pour sa propre griffe, 1017 Alyx 9SM, qu’il avait montrée dans un chantier de construction désert de l’est parisien.

L’américain a clairement une imagination fertile. Il a présenté un manteau blanc argenté éblouissant, coupé sans col mais avec d’énorme revers, et assemblé au niveau des clavicules par une sangle sportive en organza de soie, avec des superpositions en soie ajourée au laser.

Il prend aussi des tas de risques osés – comme avec ces fourreaux transparents saupoudrés de cristaux et de flocons de neige métallique ; ou ces mini-ponchos en serpent pour les dames. Sa mode masculine, quant à elle, dégage une allure classe mais industrielle, avec des tas de grosses ceintures en boucles articulées.

Givenchy – Printemps-été 2021 – Prêt-à-porter fémini – Paris – Photo: Heji Shin

 
Comme l’héritage de Givenchy lui-même, Matthew M. Williams a une vision relativement composite de l’ADN de la maison.

“J’aime l’idée de jouer avec les extrêmes, Hubert prenait les tissus les plus richement rebrodés, les plus luxueux, et puis les travaillait avec un matériau qui ne coûtait pas grand-chose. Il a aussi été le premier à faire de l’upcycling en Haute Couture – en récupérant par exemple des tissus chez Schiaparelli, où il travaillait, pour les réutiliser à son goût dans un autre contexte”, explique Williams.

“[Givenchy] tient aussi cette place fascinante dans la mode, qui mêle Haute Couture mais aussi attachement profond à la culture et à la musique populaire, et au streetwear. C’est donc une maison vraiment unique quand on veut jouer sur ces deux univers”, ajoutait le créateur de 34 ans et père de trois enfants, qui arbore actuellement des cheveux coupés courts et teints en blanc.

L’autre grande nouvelle, c’était les chaussures brillantissimes – en particulier la Trip-toe, ainsi nommée à cause de ses triples brides sur les orteils, et complétée par une corne délicieusement diabolique et un talon en acier, comme Alexander McQueen, deuxième successeur d’Hubert, avait été le premier à en utiliser. Des escarpins pointus étaient également ornés d’accroches argentées, tandis que les garçons portaient des sandales de guerriers pleines de punch, en pneu épais.

Matthew M. Williams a choisi de ne pas tourner de vidéo, mais de montrer un look-book incisif réalisé par Heji Shin, le photographe germano-coréen basé à New York, et projeté sur d’immenses panneaux lumineux dans le grandiose showroom de la maison, au 2 avenue Montaigne, qui offrait de sublimes vues sur la Tour Eiffel entre deux averses entrecoupées de soleil.

Givenchy – Printemps-été 2021 – Prêt-à-porter féminin – Paris – Photo: Heji Shin

 
Les images de Heji Shin semblent particulièrement adaptées à la vision que Williams a de Givenchy – graphique, pleine d’assurance, pointue et cependant intime.

Sa nomination chez Givenchy n’est que le dernier exemple en date de la capacité des cadres français du luxe qui dirigent LVMH à faire des choix de créateurs courageux et risqués pour leur écurie de maisons de mode.

Givenchy, rappelons-le, sera toujours célèbre avant tout pour avoir habillé Audrey Hepburn pour son rôle de Holly Golightly, dans Diamants sur canapé. À première vue, cette collection paraissait bien loin de la petite robe noire iconique de ce classique du cinéma. Et pourtant, si cette petite provinciale du sud métamorphosée en fêtarde était encore en vie, nous soupçonnons qu’elle adorerait cette collection.

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