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Les Grands prix de la création de la ville de Paris valorisent les pratiques responsables


Professionnels confirmés ou jeunes entrepreneurs, les lauréats de l’édition 2021 des Grands prix de la création de la ville de Paris peinaient à contenir leur émotion ce 14 septembre, dans l’enceinte de l’hôtel de ville de la capitale. Six créateurs-entrepreneurs ont reçu ces distinctions des mains d’Olivia Polski, adjointe à la maire de Paris. Ils se sont vus remettre le prix doté de 18.000 euros pour les catégories Métiers d’arts, Mode et Design. Un talent confirmé de chaque catégorie a reçu le Grand prix et un espoir le prix Talent émergent.

Karine Arabian et Franck Blais, vainqueurs du Grand prix de la création mode. – JNMellorClub

“Je suis très ému d’obtenir cette reconnaissance, d’autant que le jury était composé de personnalités que j’admire pour leur travail, expliquait Alphonse Maitrepierre, récipiendaire du prix Talent émergent dans la catégorie Mode, au côté d’Amélie Pichard qui officiait en présidente dudit jury. J’ai présenté deux looks. Une silhouette était réalisée en silicone végétal, l’autre était un trench oversize réalisé avec des draps sélectionnés avec la structure le Relais. Ce qui était particulier c’est qu’étant donné le contexte, nous savions que ce n’était pas des pièces qui avaient vocation à être commercialisées. Pour la première fois, c’est le prêt-à-porter qui est venu en accompagnement des accessoires, comme les lunettes que nous avons réalisées avec Emmanuel Khanh”.

A l’instar du jeune entrepreneur parisien qui fera une présentation de sa prochaine collection le 2 octobre à l’école Duperré et a débuté son activité en 2019, juste avant la crise Covid, la période a nourri la réflexion et les travaux de nombre de créatifs durant les 18 derniers mois.

“Dans le design, la période a permis à chacun de repenser son approche. Le fait d’avoir plus de temps a permis de développer des projets, explique Sam Baron, qui présidait le jury design cette année. La semaine passée à Milan, nous avons découvert plein de jolies approches avec une attention encore plus forte sur les approches responsables”.

JN. Mellor Club – Olivier Busson

Une accélération d’une tendance de fond que valide aussi Amélie Pichard, qui avait remporté le Grand prix mode en 2012. “Pour ces créatifs, ils ont toujours dû s’appuyer sur le système D. Pour une génération il y a une prise de conscience importante des changements à l’œuvre. La période qui vient de s’écouler fait que les règles qui étaient établies auparavant ne sont plus aussi claires. Que d’autres options sont sur la table. Cela ne fait que confirmer les engagements responsables et valorise ce système D”.

Le Grand prix de la création mode a ainsi été remis à JN. Mellor Club, le projet mêlant mode, poésie, art de Karine Arabian et Franck Blais. “Nous prenons ce prix comme un engagement et une validation du concept, explique le duo. Notre volonté est de susciter les interactions, les échanges sans être dans un carcan. C’est aussi une approche différente de ce que nous avons connu dans le passé. C’était compliqué d’avoir ces matières, ces produits dont seulement 10% se vendent. Là, nous pouvons passer du temps sur la réalisation d’un produit. Mais il est réfléchi”.

Même si elle prône un pas de côté, la marque compte tout de même s’intégrer dans les circuits mode. Elle sera ainsi présente début octobre sur le salon Première Classe.

Les prix des métiers d’art, dont le jury était présidé par Laura Gonzalez ont aussi récompensé des créatrices qui ont, elles aussi, un regard mode aiguisé. Le Grand prix est revenu à Lily Alcaraz et Léa Berlier, qui ont débuté leur activité en 2009 et travaillent le tissage de matériaux, comme par exemple le bois. Le duo découpe de fines bandes de matières qui sont ensuite tissées en revisitant des savoir-faire textiles. Leurs travaux sont exploités à différentes échelles et interviennent dans différentes applications en décoration d’intérieur.

Lucie Touré, prix du Talent émergent métiers d’art – Lucile Godin

Le prix du Talent émergent est revenu à Lucie Touré, qui détourne le papier de ses usages initiaux pour le travailler en broderie. Une approche remarquée par Guerlain qui lui avait confié un projet de vitrine, et qui s’applique là aussi à différentes échelles, du packaging aux éléments d’architecture.

Dans la catégorie design, le lauréat du prix Talent émergent pourrait bien lui aussi prochainement travailler avec les univers de la mode ou du luxe. Samuel Tomatis est designer et créateur de matériaux et d’objets en algues. Engagé au niveau écologique, l’ingénieur travaille depuis cinq ans avec des instituts de recherche pour développer des matériaux avec les algues invasives qui se développent dans le Finistère. Les possibilités sont nombreuses, mais certains traitements pourraient se substituer au cuir.

Samuel Tomatis, prix du Talent émergent design – dr

Enfin, Grégory Lacoua a reçu le Grand prix de la création dans la catégorie design. Récemment, il a notamment développé les distributeurs de savon intégrés dans les fontaines publiques de la capitale. Un travail sur l’aménagement urbain qui est un pan de son approche. Un second étant une collection imaginée pour une menuiserie sauvée de la faillite et permettant de valoriser le savoir-faire de ses équipes.

Les prix bénéficient d’une dotation de la ville de Paris mais aussi du soutien de partenaires comme la fédération du prêt-à-porter féminin, le groupe Galeries Lafayette, Esmod, la Fondation Rémy Cointreau, Victoire ainsi qu’Au delà du cuir qui a rejoint les partenaires cette année.

Les travaux des six lauréats seront présentés lors d’une exposition à la Joyce Gallery début 2022.
 

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