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Printemps-été 2022 : différenciation, digitalisation et responsabilité au cœur des matériaux


Quelles matières pour le printemps-été 2022? La crise économique de 2008 avait occasionné deux mouvements contradictoires, entre repli sur les basiques et “premiumisation” des offres. La crise sanitaire de 2020 générerait quant à elle surtout des envies de créativité chez les fabricants de tissus, cuirs et accessoires, désireux de se démarquer en période de relance. La crise devrait ainsi laisser place à une saison de fantaisie, qui prend au passage en compte les besoins visuels d’une ère digitale.

Crispim Abreu Comporta printemps-été 2022 – PV

A l’occasion du Digital Show de Première Vision, la cheffe de produit Mode International de Première Vision Lucie Jeannot a présenté une saison printemps-été 2022 où domine la volonté de séduction.

“C’est l’été où les gens ressortiront avec l’envie de séduire”, explique à FashionNetwork.com la responsable, qui pointe une tendance au ‘Tapageur Séducteur’ s’illustrant par la fantaisie des jacquards et des imprimés géométriques ou floraux. S’y ajoute un ‘Emoi Seducteur’ jouant davantage sur le toucher, la douceur et la fluidité, qui pousse notamment les tissus techniques à se faire plus soyeux. “Il y a là une recherche de matériaux rassurants”, pour Lucie Jeannot.

Forcément présente, l’écologie se ferait plus irrévérencieuse dans les productions des tisseurs. La fantaisie se fait plus insistante, voire extravagante, au sein des offres biodégradables, biologiques, recyclées… Un changement d’attitude qui fait de la fantaisie et de l’écoresponsabilité les grands axes de différenciation mis en œuvre pour cette saison.

“Tous ceux qui n’avaient pas pris le virage RSE se sont remis en question, tout en allant chercher leur propre originalité, notamment en allant se plonger dans les archives des fabricants pour les réinterpréter”, explique la cheffe de produit. “Car les commerciaux savent que c’est en investissant et en se montrant sous un autre jour que l’on attire à nouveau les donneurs d’ordres, pour essayer de sortir de la masse.”

Comme ce dont ont témoigné les défilés masculins de janvier, Première Vision perçoit donc dans les collections une volonté de se montrer, sans mettre de côté la notion de confort après une année durant laquelle confinements et télétravail ont mis le homewear à profit. Les molletons, éponges et autres matières “mousseuses” sont de fait très représentés chez les fabricants, répondant au désir attendu de matériaux fluides, lisses, coulant sur le corps sans le contraindre. Le recours au chanvre aurait par ailleurs pris de l’ampleur, mais dans une inspiration plus soyeuse à l’instar de celle déjà travaillée par le lin. Avec une tendance au “naturel dopé” au sein des collections.

Bella Tella printemps-été 2022 – PV

“On met en scène de façon assez grossière et grossie, mais pas vulgaire”, explique Lucie Jeannot. “On va grossir les trames pour les rendre plus visibles. Ce qui est une conséquence du digital, car il faut souligner à l’image l’inspiration rustique des matières. Cela se retrouve dans les tissages, les jacquards, les boutons exagérément bruts, ou même les cuirs, où l’on va appuyer les grains et l’embossage. On surjoue le naturel pour l’affirmer et que cela crève l’écran”, relève la responsable, qui évoque le travail similaire déjà mené par Bottega Veneta.

Un impact du digital qui pourrait également se traduire par une envie croissante de matériaux lisses, “hygiénistes”, en reflet des écrans d’ordinateurs et téléphones. Pour l’heure, les exposants du salon digital auraient bien intégré les besoins imposés par la présentation des matières par écran interposé.

Ce qui se traduit également dans le choix des coloris. Autre biais de différenciation, la couleur avait d’abord répondu aux écrans par des teintes vives, criardes. Place désormais à la douceur via des dégradés, des pastel, des infusions de couleurs et motifs, ou l’utilisation du noir en fond pour faire ressortir les couleurs, développant ainsi des approches plus douces et bienveillantes.

Marmara Deri printemps-été 2022 – PV

“Cela répond au fait que l’on a récemment passé beaucoup plus de temps face à des écrans, mais également au fait que notre rapport à la technologie a changé, avec par exemple de nombreuses applications d’aide, de psychologie, de détente”, souligne Lucie Jeannot. Qui pointe également un gros travail des fabricants liés à la lumière. Avec un jeu sur les reflets, la brillance et les effets de solarisation, allant même jusqu’à la transparence. L’orange et le violet ressortiraient particulièrement des collections des tisseurs, dans des déclinaisons pouvant s’adapter à toutes les circonstances.

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