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Stefania Valenti (Istituto Marangoni) : “La Chine devient toujours plus stratégique”


Ancienne dirigeante passée par La Perla, MSGM et Les hommes, Stefania Valenti est la nouvelle managing director de l’Istituto Marangoni. Nommée en novembre 2019, elle s’est trouvée confrontée de plein fouet au confinement et à la pandémie du Covid-19. A l’occasion de la présentation de l’école, elle détaille à FashionNetwork.com ses nouveaux projets et comment l’Institut italien a revu en profondeur son organisation pour assurer la continuité des cours, qui reprennent physiquement le 12 octobre.

Stefania Valenti – Istituto Marangoni

FashionNetwork.com : Comment avez-vous vécu cette situation exceptionnelle ?

SV : Nous n’avons jamais abandonné nos élèves, grâce aux outils technologiques, qui sont destinés à devenir de plus en plus importants. Durant le confinement, nous avons mis en place des cours en ligne et dès que nous avons pu nous avons rouvert nos locaux. Notamment tout l’été pour permettre à nos élèves de pouvoir terminer leur collection.

Par ailleurs, nous lançons en collaboration avec Vogue la plateforme “House of Istituto Marangoni”, où l’on a réuni 161 projets de nos étudiants afin de leur donner un maximum de visibilité auprès des acheteurs et de la presse et de favoriser le réseautage. A ce titre, nous allons renforcer le lien avec nos anciens étudiants, aujourd’hui à des postes clés dans les maisons, afin qu’ils partagent leurs expériences.
 
FNW : Comment affrontez-vous la rentrée ?

SV : Cela a été un véritable tour de force, mais toutes nos écoles redémarrent avec des cours physiques, à l’exception de Mumbai encore sous confinement. Ce qui est assez exceptionnel. Nous avons investi beaucoup en termes de sécurité, en créant un protocole pour gérer les flux des élèves via un algorithme et en exploitant aussi le samedi matin. Par le biais d’une application, chacun saura quand et où se déplacer au sein de nos locaux en toute sécurité. Ce nouveau protocole prévoit des classes de 14 élèves, avec la possibilité grâce à une webcam de dupliquer la classe dans un autre espace. Le tout sera complété par des formats en ligne, tandis que tous nos laboratoires milanais ont été reliés directement aux ordinateurs des élèves.
 
FNW : Les situations sanitaires diffèrent selon les pays, comment avez-vous fait ?

SV : En fait, notre dimension globale a été un atout, nous permettant d’être plus flexibles. Nos étudiants ont la possibilité de passer des périodes d’une école à l’autre à travers nos neuf antennes dans le monde. Deux à Milan, dont l’une dédiée au design d’intérieur, Florence, Paris, Londres, Mumbai, Miami et deux en Chine à Shanghai et Shenzhen. Résultat, cette rentrée nous avons triplé les inscriptions en Chine, beaucoup préférant rester sur place en raison du Covid-19 plutôt que de venir en Europe. Au total nous comptons 4.000 étudiants, dont 2.500 en première année. Nous n’accusons qu’une légère baisse par rapport à l’an dernier.

La Chine devient de fait toujours plus stratégique. Nous allons donc déménager notre siège de Shanghai dans un espace plus grand situé à Xintiandi, dans le centre où est organisé la Fashion Week. L’autre antenne a été implantée à Shenzhen, car c’est là que se trouvent tous les colosses de la production textile chinoise.
 
FNW : Que deviennent vos étudiants une fois leur cursus terminé ?

SV : Près de 91% d’entre eux trouvent un travail dans la mode dans les six mois en sortant de l’école. Entre 26 et 28% deviennent des auto-entrepreneurs, les autres occupent le plus souvent des postes de managers au sein de marques et maisons. Nous avons un profil très business professionnel.

FNW : Quel est votre rapport avec l’industrie ?

SV : Nous avons toujours été très proches du système de la mode, en particulier en Italie. Nos élèves représentent une lymphe vitale pour l’industrie. De plus en plus d’entreprises nous approchent pour créer des capsules avec nos étudiants. Nous essayons de renforcer ces liens durant tout le cursus afin de permettre aux étudiants de mieux comprendre cet univers et comment s’y insérer, sans attendre le stage final.
 
FNW : Quels enseignements avez-vous tiré de cette période ?

SV : L’apport technologique s’est avéré fondamental, mais la partie manuelle l’est tout autant. Si la technologie est bien utilisée et associée avec la pratique manuelle, cela peut nous donner une idée de l’école du futur. Nous avons compris aussi l’importance de la personnalisation. Au lieu d’avoir des cours identiques partout, nous allons développer des cursus plus spécifiques en fonction des caractéristiques et exigences de chaque marché, et toujours plus proches des industries locales. Par exemple à Florence sera mis l’accent sur les accessoires et le menswear.
 
FNW : Quelles seront les futures professions de la mode ?

SV : Les compétences en termes de développement durable seront certainement les plus recherchées à l’avenir. Mais aussi le brand manager lié aux nouvelles techniques de promotions, capable de penser en termes de styling vidéo et multimédia. De même le créateur devra avoir des compétences digitales.
 
FNW : Comment voyez-vous le marché du luxe en ce moment ?

SV : C’est un marché extrêmement intéressant car il a été poussé à donner des réponses précises aux consommateurs. L’industrie a montré sa capacité à interagir avec la technologie et des techniques de promotion innovantes. Dans cette nouvelle optique, la création des collections gagnera à se développer avec un merchandiser toujours plus spécialisé, ayant toujours un regard à l’e-commerce et aux détaillants multimarques en ligne. Pour la création, il ne suffira plus de raisonner par aires géographiques, mais aussi par canal de distribution.

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